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AdN : Association loi de 1901, créée en 1988
Agréée pour la protection de l'environnement par la Préfecture
(article L-141-1 du code de l'environnement).

Actus du thème "Tribune"


A quoi sert une association ?

Dimanche 4 février 2007 - Par Fred -

Pour ceux qui se posent la question, il suffit de regarder le dictionnaire : c’est une notion très ancienne qui a traversé les siècles, c’est même un des aspects les plus profonds d’une société. C’est un des composants qui a participé à l’évolution de la société dans son sens le plus large (en Grèce antique par exemple).

Il s’agit simplement de se réunir avec un but commun. La notion de réunion, de regroupement, est nécessaire, notion de mise en commun, d’échange, de relation, avec un but précis qui apparaît d’une façon constante.

La notion de "but commun" à atteindre est également essentielle. Elle implique la construction d’une volonté exprimée par le groupe. Pas d’envie de se regrouper, pas d’objectif commun, pas d’association. Chacun pour soi: moi chez moi et l’ailleurs ne me concerne pas.

Alors apparaît un paradoxe: si cette volonté apparaît au grand jour, par sa présence et ses actions, l’image qu’elle va donner risque de se détériorer , se réduire, s’orienter, bref, de s’appauvrir. 

On dira de cette action qu’elle sera "politisée".

BEURK! Voilà le mot tabou lâché ! Non. Pas moi ! Pas ça ! Je suis "apolitique" et je veux le rester !

Pourquoi cette crainte chronique ?

Le terme de "politique" veut dire aussi "adroit", "usant de détours habiles", d’où cette dérive qui peu à peu a donné un sens douteux à ce terme pour beaucoup d’entre nous.

Or ce mot n’a rien d’injurieux: pour qui ne saurait pas, il vient du mot grec "polis" qui veut dire "ville" (par exemple :  Constantinopolis la ville de Constantin).

Le mot "politique", c’est tout simplement un mot qui s’applique à la gestion de la Cité. "L’Art de gouverner", comme dit le dictionnaire.  

Donc, se grouper pour participer au bien-être d’une commune sera forcément un acte politique au sens premier du terme, et semble compatible avec les buts d’une association comme la nôtre.

Nous pensons qu’il suffit de savoir de quoi on parle, comment on agit, et surtout pourquoi on agit pour revenir au sens premier, le vrai.

Une association peut très bien se prévaloir du premier sens. Pourquoi aurait-elle peur de ce mot ?

Fred.

Fiction 2050

Dimanche 19 novembre 2006 - Par Fred -
J’allume mon ordinateur-écran mural 3X2 qui fait face à mon lit. Il n’y a plus de fils depuis longtemps, ma pensée suffit pour l’allumer. Regarder fixement une partie précise de l’écran et voilà.

Je me branche aussitôt sur "googleeartheasternpartofparisfrance" pour avoir l’image de cette partie du monde que j’habite.

Une énorme bande claire avec de petites taches sombres traverse l’écran. Je mets le zoom en route, je grossis, je grossis, …

Jadis, vers les années 2006, c’était facile de se repérer. Une grande tache verte, c’était le bois de Vincennes, un fil sinueux, brillant, marron clair ou vert d’eau, c’était la Marne.

Maintenant, c’est plus simple: l’ A4, c’est la Marne. Cette énorme diagonale surchargée, c’est la A4 qui draine d’un coup tout le trafic. Plus la peine d’avoir des ponts, il n’y a plus rien à franchir! La rivière est entièrement recouverte, avec ses 15 voies rapides(?).

 Vue d’en haut, on dirait l’artère aorte avec ses globules-véhicules . Il y a toujours autant de voitures, qui avancent obstinément dans la même direction, vers Paris qui est devenue un énorme parking aérien qui recouvre la Seine et ses canaux ( en dehors bien sûr des zones touristiques).

L’image du zoom est un peu perturbée par l’épaisseur de l’air pollué dont la teneur en substances toxiques ferait pâlir le plus pointu des experts de 2006…

Mais si je zoome encore un peu,au Nord de cette énorme bande auto-marne qui balafre mon écran, une tache verte apparaît encore: il y a des arbres, des fleurs, du  gazon, une verdure au milieu du béton ambiant.

On dirait comme un village à l’ancienne…

La rumeur dit qu’il y a là-bas une poignée d’irréductibles groupés en une Association, qui essaient encore un peu de respirer l’oxygène de la végétation  qu’ils soignent.

On dit qu’il est encore possible, à pied, de leur rendre visite et de prendre l’air "comme avant".

 Alfred Raveau.

A la sainte Catherine, tout prend racine …

Dimanche 22 octobre 2006 - Par Michel -

On ne l’attendait plus ! L’arbre qui cache la forêt des antennes-relais est finalement arrivé au n° 92 de la rue François Rolland.

Grâce à Bouygues Telecom, Nogent sur Marne peut désormais s’enorgueillir d’avoir son jardin suspendu, tout comme Babylone !

Le mystère reste entier quant à l’espèce végétale dont sont gratifiés les nogentais.

Le concours est ouvert… nous attendons vos réponses.

Une chose est sûre, le feuillage en PVC est persistant (très), du genre semper virens et les ondes électromagnétiques crachées par les émetteurs GSM/UMTS dissimulés derrière assurent sa croissance rapide. En tout cas, c’est une espèce particulièrement rustique et peu exigeante qui se plait sous le climat nogentais (espérons qu’elle n’est pas endémique !) : elle croît « hors sol » sur du béton ou du papier goudronné. Peut-être s’agit-il d’un séquoia nain cloné, type OGM, pour mieux résister aux parasites locaux et à l’air pollué ! On ne sait jamais …. En tout cas, sans racines, attention aux rafales du vent d’ouest.

Les moineaux déboussollés viendront-ils y nicher ? Ils seraient bien avisés de passer leur chemin s’ils ne veulent pas subir le sort des cigognes espagnoles – dont les nids situés à moins de 200 mètres des antennes – qui ont vu leur fécondité chuter de moitié.

Par contre, l’emplacement est tout indiqué pour le pigeonnier que la ville de Nogent souhaite installer pour stériliser ces malheureux volatiles…

Ne boudons pas notre plaisir ! les hommes bioniques qui déambulent comme des fantômes le « bluetooth » collé à l’oreille, pourront téléphoner tout leur saoul sur le coteau de Nogent pour appeler leur maîtresse ou leur maman grâce, à l’intercession magique du mobile et tenir les propos lénifiants que nous connaissons tous « Allo, c’est moi ! j’arrive ! comment ça va ? oui, oui moi ça va et toi ça va », et ce, pour le plus grand profit de l’opérateur.

A j’oubliais, il y a aussi la pergola et les bacs à fleurs en faux vrai chêne et le faux vrai lierre qui habille les gardes corps et les fausses cheminées en plastique (qui ne fument pas) : Bouygues Telecom est un vrai père Noël !

Pour que le plaisir esthétique des habitants du coteau soit complet, cotisons-nous pour l’installation des nains de jardins multicolores aux quatre coins de la terrasse du 92 de la rue François Rolland.

On vit vraiment une époque formidable !

J’ai fait un rêve

Samedi 11 mars 2006 - Par Fred -

C’est un drôle de rêve qu’Alfred Raveau a retranscrit dans cette étrange tribune… Depuis, rassurez-vous, il va bien… Rappelons que les "tribunes" de ce site permettent aux auteurs de s’exprimer librement sur les sujets de leur choix, en rapport ou non avec les thématiques habituelles de l’ACN.

Réveille-toi, Fred... Je venais d’être vacciné contre la grippe, qui au départ ne me concernait pas, puisqu’elle était aviaire. Mais ça ne fait rien. Je suis sauf et tranquille; et tranquillisé parce qu’en ce moment, le fait d’être tranquille passe pour de l’inconscience totale. Des poulets perdus sans frontières, des migrateurs bourrés de virus qui planent par inertie en suivant les vents du moment, c’est-à-dire d’est en ouest, de l’Asie vers l’Europe.
 
Quand je pense qu’on m’a appris des tas de fois que les vents dominants en France allaient d’OUEST en EST. A qui se fier… Mais je soupçonne ces oiseaux d’être complètement déréglés ou de ne pas avoir suivi les normes de notre météo sacro-sainte.

Bref, maintenant ils sont là ces mignons piafs, les moineaux, comme toujours qui s’adaptent parfaitement aux situations les plus invraisemblables. On avait dit au début du siècle (le 20ème) que l’avènement de l’automobile tuerait le moineau en le privant de sa pitance habituelle et quotidienne: le crottin. Eh bien cent après, il n’y a plus de cheval de trait dans nos rues, il n’y a plus de crottin, sauf dans les graineteries, -et cher- mais il y a toujours des moineaux. Et qui maintenant me regardent d’un drôle d’oeil…

Il faut dire que tous les oiseaux maintenant semblent me regarder d’un drôle d’oeil.

Je leur donne tous les matins mes restants de mie de pain et autres friandises. Alors arrive un superbe couple de mésanges, qui me fixent carrément -c’est bon ce matin?- et picorent à toute vitesse pour en laisser le moins possible aux moineaux qui arrivent en masse. Le mâle, toujours cravaté, en premier pour assurer la sécurité; puis Madame et les petits derniers, qui plongent et piquent avant le signal de départ donné par papa qui surveille.

Viennent ensuite les merles, les sansonnets, des grosses brutes qui broutent carrément la pelouse, pour disséquer mon croûton.

Les ramiers avec leur raie blanche au cou, qui me font penser aux avions alliés, atterrissent ensuite en dandinant de leur queue, à droite, à gauche. Ils sont chez eux. Pour couronner le tout, un couple de geais, reconnaissables à leur plume bleue au bord d’attaque de l’aile, splendides, jacassent pour dire qu’ils sont là, eux aussi.

Et puis, très discret, précédé d’un minuscule petit cri, un oiseau minuscule, noir, la queue inversée vers l’avant, que je crois toujours disparu depuis longtemps, le troglodyte, comme un trait, il passe, l’oeil rigolard, et disparaît sous les tuiles d’un abri.

Ils sont tous là, comme d’habitude, et pourtant, j’ai le sentiment qu’il se passe quelque chose. Je ne sais pas quoi. Un sentiment étrange, de quelque chose de différent, dans l’air, un peu partout, avec tous ces oiseaux qui me regardent en bouffant, fixement, avec un quelque chose de plus qui commence à m’inquiéter…

Je suis d’habitude en très bons termes avec mes oiseaux. Mes rendez-vous quotidiens tiennent plus d’un cérémonial que d’un vulgaire acte de charité (donner-du-pain-à-ces-pauvres-oiseaux-affamés-qui-ont-si-froid). Ce serait plutôt la fête, et le regard complice du rouge-gorge confirme mon impression.

Mais aujourd’hui, j’ai le sentiment que l’actualité les a rejoints eux aussi. Et s’ils avaient rencontré dans le ciel un migrateur paumé, amaigri par la maladie et la distance, et noué des contacts, fourni des adresses, des bonnes adresses, la mienne par exemple… Je me souviens de ces mouettes qui suivent les bateaux qui viennent de la mer jusqu’à Paris et qui vont saluer leurs congénères au Zoo de Vincennes. ..

Il y a donc des possibilités de contacts. Mais, bon dieu, mais c’est bien sûr… et alors, pourquoi me regardent-ils alors de cette façon? Aujourd’hui? Moi ? Il ne sont pas agressifs, à la Hitchcock. Non, ils sont présents comme s’ils voulaient me prévenir.

On connaît bien l’extrême sensibilité des oiseaux aux conditions climatiques et aux phénomènes naturels (le souvenir des oiseaux fuyant l’île quelques jours avant l’éruption de la Montagne Pelée… à la Martinique Guadeloupe me revient à la mémoire).

Alors que veulent -ils me dire? Ils picorent d’un autre air, si on peut dire, ils me regardent d’un air attentif et presque goguenard, et puis j’ai parfois l’impression qu’ils parlent entre eux de moi.

Mais qu’est-ce que j’ai de particulier aujourd’hui? Je suis habillé comme d’habitude, mon vieux jogging, mon vieux pull, mes vieilles tennis, j’ai pris mon petit cafécroissant comme d’habitude. Ensuite j’ai sorti les clés pour ouvrir la porte du jardin, sorti mes miettes, bref, la routine.

Ils commencent vraiment à m’inquiéter, ces oiseaux de malheur. Je n’aime pas quand je n’ai pas d’explications, ah non, je n’aime pas ça…

Et ils sont tous là, maintenant, à me regarder, plus fixement encore, plus rigolards encore, ils semblent se rapprocher doucement, tout doucement, comme pour ne pas m’effrayer, -un comble-, je les trouve très adultes tout d’un coup, très réfléchis.

Mon cerveau fonctionne à toute vitesse, je ne m’affole pas, il ne se passe rien de visible, de palpable. Non, c’est pire. Cela devient tout simplement insoutenable. Je réfléchis à 100 à l’heure. Bon, hier le pharmacien, la queue pour la vaccination, la vaccination elle-même, une légère piqûre dans le bras, mais bon ce n’est pas la première fois, et puis salut, au revoir, la maison, la routine.

Voyons, comment ils étaient hier matin? J’essaie de me souvenir du regard du moineau. comme d’habitude. Non. Rien de particulier. Le ramier. Non. Se dandine toujours. Me tournait le dos, même.

Il s’est donc passé quelque chose entre eux et moi entre hier matin et aujourd’hui.

Dans la journée, je n’ai écrasé aucun moineau, aucun volatile, j’ai la conscience tranquille. Ils ne peuvent rien me reprocher.

Non. Mais je délire, je commence à les considérer comme des humains, il faut pas exagérer, pourtant, ce regard… Bon, après tout ça ne va pas m’empêcher de me raser… Je me regarde à nouveau dans la glace. Je me rapproche un peu, un peu plus. Non. Non, ce n’est pas possible. Je me suis bien rasé hier, pas il y a quatre jours, c’était bien hier, juste avant de distribuer mes mies de pain… 

Les poils du menton ont légèrement changé de forme. Ils sont drus, comme d’habitude, mais on dirait qu’ils sont creux! Ils sont noirs, mais noirs creux! Oh c’est tout petit, mais c’est creux, une démangeaison sur la poitrine, et je me gratte. Les poils de la poitrine sont creux, aussi! Ah Non! L’horreur! Mes poils sont en train de se convertir en plumes! et vite!

Que faire? Vite mon rasoir! Mise en route, à l’électricité, il n’y aura pas de problème. Si. Il y a un problème. Il y a un gros problème. Le rasoir se bloque . Comme une tronçonneuse devant un tronc trop gros. Ca bloque et ça fume.

Vite le rasoir mécanique! Je mets une lame neuve. Il va falloir tailler dans du mastoc. J’essaie. Crac. La lame se casse. Déjà trop épais. Et ça pousse de plus en plus dru.

D’abord, un duvet genre cul de poule, mais déjà les bras me démangent, mes poils, tous mes poils se transforment en plumes! Mes bras deviennent des ailes avec des plumes qui s’allongent, qui s’allongent.

J’ai des plumes aux pattes. J’ai des plumes partout, qui s’allongent. Je n’ose plus me regarder. Je vais pouvoir voler, au point où j’en suis…

Ce serait quand même dingue, si je pouvais passer directement du lit au fauteuil, dans un premier temps, juste pour essayer, sans toucher le sol.

Une violente douleur au bas du dos me réveille.

La radio est là, à mes côtés: "un communiqué de l’AFP: info santé: les personnes déjà vaccinées contre la grippe humano-aviaire sont avisées qu’elles sont susceptibles de souffrir d’effets secondaires gênants, notamment de certaines mutations de poils en plumes…"   

Fred.

(en hommage à Marcel Aymé.)

Crédit photo: Image de l’oiseau sous licence CreativeCommons, par  Alida.

L’association 1901 , un bon remède plus que centenaire

Lundi 21 novembre 2005 - Par Marc Arazi -
C’est la réflexion d’une habitante, non adhérente, du coteau qui m’a amenée à écrire cette tribune. Alors que je lui proposais de participer à notre assemblée générale du 2 décembre, elle me fit la réponse suivante: "Non je ne viendrai pas. Je trouve que dans le contexte actuel, en particulier les besoins des banlieues, ce n’est pas ma priorité que de m’occuper des attentes et des problèmes d’un quartier riche".

Je n’ai pas insisté. Mais cette remarque a fait son chemin.

Les images diffusées il y a quelques jours dans un reportage télé concernant les banlieues me sont revenues. Elles montraient une cité de province à l’abandon, des immondices jonchant le sol le long des bâtiments délabrés. Images effrayantes, surréalistes, incroyables mais pourtant vraies. Je me suis alors posé la question suivante: comment les habitants de cette cité peuvent-ils vivrent dans une pareille insalubrité ? L’explication a été donnée par un témoignage d’un locataire racontant qu’il jette lui aussi ses ordures par la fenêtre pour faire comme les autres.

Ce reportage dérangeant , si je l’ai rapproché de la réflexion de cette habitante, c’est que je ne comprends pas comment une telle situation peut survenir. En l’occurrence  n’est-il pas possible à ces habitants de prendre des balais et des sacs poubelles et de s’organiser pour débarrasser ensemble de leur vue et de leur nez, cet effroyable gâchis ?

Alors oui, pourquoi consacrer du temps à une association sur ses loisirs et ce, bénévolement. Pour préserver l’endroit ou l’on vit ? Sans doute. Mais aussi:

  • Pour montrer que l’on prend son destin en main. On tient le manche (éventuellement du balai) pour participer activement aux décisions qui nous concernent. On évite l’indifférence et la passivité responsables, pour beaucoup, de la dégradation du cadre de vie. Et puis on n’attend pas tout des responsables et des pouvoirs publics. Même si on souhaiterait qu’ils agissent plus et mieux et qu’ils parlent moins.
  • Ensuite pour que le "vivre ensemble" (quand on a appris à se connaître) soit le ciment des bons moments mais aussi des moins bons. Ce n’est pas seulement quand tout va mal qu’il est possible de créer du lien. En société comme en santé mieux vaut prévenir que guérir.
  • Et enfin, pour que chacun reste attentif aux autres. Or, dans ce que certains appellent "un quartier riche", des situations très difficiles peuvent exister. Certains membres de l’association se souviennent encore de la situation des trois familles qui vivaient dans des logements d’urgence dont une dans un garage rue Victor Hugo. La sensibilisation de nombre de nos adhérents et administrateurs, à titre individuel, a permis en son temps de trouver une solution pour deux d’entre elles. La démarche associative est fondamentalement créatrice de liens, directement ou indirectement.

En conclusion:  même si la vie paraît pour certains plus difficile, prendre du temps pour le consacrer au bien commun est indispensable et porte le sens de notre avenir. Les concepteurs de notre association ne s’étaient pas trompés et nous ont donné un formidable remède  valable pour tous les types de quartier. A nous d’en faire bon usage.

Précaution ? vous avez dit précaution ?

Samedi 16 juillet 2005 - Par Fred -

Le terme de "précaution" contient en lui-même la solution : "cavere" en latin veut dire "empêcher" , "prendre garde" (cf. "cave canem" : "prends garde au chien" à la porte des maisons), le sens de "prae" latin annonce l’anticipation, ce qui justement n’existe pas encore et contre quoi il faut se munir. Il faut agir avant d’empêcher quoi que ce soit. La précaution est un acte. Le fait de l’ériger en principe devrait être une garantie pour l’avenir.

Un opérateur décide d’installer une antenne-relais sur une zone résidentielle pavillonnaire en majorité. Comme la loi le lui demande, il fait une demande d’autorisation de travaux auprès de la mairie, remplit le cahier des charges tout comme il faut. Un détail cependant, le site choisi se trouve à moins de 50 mètres des écoles, à l’aplomb d’un stade, en plein milieu des coteaux de Nogent sur Marne, à moins de 200 mètres du Pavillon Baltard à vol d’oiseau, en plein milieu du fameux coteau de la ville, où jadis la culture de la vigne a fait sa notoriété (le " petit vin blanc").

Un premier accroc, ce n’est que le 15 août que les riverains apprennent la pose par un panneau posé à l’endroit prévu. C’est l’émotion. Individuellement, ou par l’intermédiaire de l’association, l’AHCN, qui essaie depuis 15 ans de défendre l’aspect du coteau, tout le monde réagit, par courrier, par des signatures, puis par les contacts avec la mairie. Des réunions ont lieu avec les responsables de l’opérateur, des structures officielles comme des responsables de l’ANFR, pour confirmer la chose et indiquer qu’il n’y a pas péril en la demeure, que les antennes sont orientées non pas vers les écoles mais vers deux directions vers le bas du coteau, avec force cartes à l’appui. La pose est reportée, mais l’association demande une série d’analyses radioélectriques du site, qui est acceptée, et en outre la mairie s’engage avec l’opérateur à faire un suivi des analyses après la pose de l’antenne GSM.

Ainsi selon la mairie, le principe de précaution est sauf. Il y a eu concertation et médiation.  Les normes techniques sont correctes. De quoi se plaint-on ?

Pourtant, lors de son Assemblée Générale du début décembre, les adhérents de l’association votent à l’unanimité moins deux abstentions contre la pose prévue le 14 février.

Et le jour dit, les riverains sont là pour empêcher la grue d’installer l’antenne.

Mais qui a piqué les riverains de se manifester de la sorte ? La réponse est très simple : pour eux le principe de précaution n’est pas vraiment appliqué. C’est l’autre versant de ce principe, la technique ne suffit pas, c’est l’aspect humain, affectif, qui l’emporte. Et si la technique ne disait pas tout ?

Finalement, sur le fond, où se trouve la précaution ?

Le rapport Zmirou recommandait pourtant de ne pas poser d’antennes dans un rayon de 100 mètres de toute collectivité. Mais recommander n’est pas ordonner, apparemment. La grande proximité des écoles a fait bondir plus d’un parent d’élève, le doute s’est installé et le malaise s’étend. Et puis, est-on vraiment sûr que la pose est nécessaire, aussi proche des collectivités (d’autant plus que des riverains sur la zone se servent sans problèmes d’un portable de la marque de l’opérateur) ?

Tout le monde y va de sa bonne foi. Et l’on attend maintenant la suite.

Toute cette agitation semble finalement révéler que la définition du "principe de précaution" est encore beaucoup trop floue, qui permet d’être facilement contournée.

Imaginons que dans quelques années, on découvre qu’une certaine gamme d’ondes radioélectriques peut avoir des effets nocifs inconnus jusqu’alors, que pensera-t-on de ceux qui ont ignoré le problème, alors qu’il suffisait de prendre de larges précautions ?

Peu à peu, le grand public prend conscience de ce monde des champs électromagnétiques, invisible, qui l’entoure. Sommes-nous condamnés à vivre dans la crainte d’un danger potentiel ? Damoclès, es-tu là ?

Alfred.Raveau.

Administrateur de l’ACN
Ancien président

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