Bouygues Telecom fixe ses conditions

Dans un courrier daté du 5 janvier 2007, le maire nous a transmis une copie de la réponse de l’opérateur au Préfet du Val de Marne, Monsieur Bernard Tomasini, qui confirmait l’organisation d’une seconde réunion de médiation à la préfecture.
 
Bonne nouvelle: Bouygues Telecom, qui était d’ailleurs à l’origine de cette demande de réunion, est d’accord pour y participer. Mais, si l’on comprend bien la prose alambiquée de l’opérateur, il souhaite d’abord installer et mettre en service ses antennes au 92 rue François Rolland et en parallèle étudier la proposition d’installer les antennes sur le pavillon Baltard, apparemment avancée par le maire.
 
C’est en tout cas notre interprétation de ce courrier. Jetez-y un oeil. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Bouygues Telecom manie l’art de la périphrase avec un impénétrable avec brio.

Bien entendu, un tel préalable n’est pas acceptable. L’opérateur, qui affirme vouloir respecter le dialogue et la concertation, tente par tous moyens depuis bientôt 3 ans d’installer son matériel. Il n’a jamais rien proposé de concret pour trouver une solution. Il aura beau jeu de trouver un argument technique quelconque pour rejeter la proposition du maire et imposer alors son installation sur le site initial.

S’il veut jouer le jeu de la concertation, il doit d’abord reconnaître l’existence d’une opposition à son projet, renoncer à son installation au 92 rue François Rolland et participer activement à la recherche d’une solution. Et non pas menacer  parents et riverains de mettre en service ses antennes comme il le fait.

L’opérateur, qui ne justifie aucunement sa position, continue sa tactique des petits pas destinés à réaliser son projet original: installer des antennes-relais, contre l’avis de tous les acteurs, au coeur d’un groupe scolaire de 2500 élèves, à la verticale d’un gymnase et à 3 mètres d’habitants de l’immeuble.

Ce courrier nous apprend également que le maire a proposé d’installer les antennes sur le pavillon Baltard. Contrairement à ce qu’affirme l’opérateur, la proposition de l’installation sur le pavillon Baltard n’a pas été faite lors d’une réunion à laquelle l’ACN a participé en septembre 2006. Il doit s’agir d’une erreur… ou d’autre chose, allez savoir. Quoi qu’il en soit, si nous saluons l’effort de la mairie sur ce point, nous nous étonnons d’en être informé de la sorte, a posteriori, et nous regrettons que la recherche d’un site alternatif ne soit pas le fruit d’un processus transparent.

Nous rappelons également que l’obligation de trouver un autre site pour l’opérateur n’incombe pas à la mairie de Nogent sur Marne mais bien à l’opérateur lui-même, qui s’y est engagé en signant la Charte de bonne conduite. Que la mairie l’aide à y parvenir, c’est sans doute une bonne chose. Mais n’inversons pas les rôles. Ce n’est pas la ville de Nogent qui installe les antennes.

 
Le courrier de Bouygues Telecom, qui semble dicter ses conditions au Préfet du Val de Marne, nous incite donc à la plus grande prudence.

Nous redemandons au maire de protéger les sites sensibles de la ville en prenant des arrêtés municipaux comme le font de nombreux maires de France, notamment son collègue de Saint Maur. Et aussi 6 villes de Seine Saint Denis, objet de l’article du Nouvel Observateur (Paris Obs, 11-17 janvier 2007 page1 et page 2) "Antennes-relais : le 9.3 se rebiffe" qui montre que certaines villes se placent résolument du côté de leurs administrés et se battent pour limiter l’anarchie des antennes-relais près des zones sensibles. Ces maires se sont rassemblés pour être plus fort et on voit bien dans la lutte juridique acharnée que leur font les trois opérateurs combien les enjeux sont importants.

Alors, à quand une réaction du même genre dans le 94 ?

Tiens, à propos, avez-vous lu le commentaire de notre maire sur votre site préféré ? Et notre réponse

 
Nous demandons à l’opérateur:
– l’adoption d’une réelle attitude de concertation, dans le respect des intérêts de tous et de ses engagements contractuels avec la ville de Nogent sur Marne
– la reconnaissance de l’opposition des habitants à son projet
– le retrait de son matériel du 92 rue François Rolland
– la recherche active, de sa part, d’un site alternatif, dans l’hypothèse où la proposition du maire ne serait pas satisfaisante.

Bien entendu, Bouygues Telecom réaffirme sa "volonté de concertation dans le respect de la charte communale de Nogent sur Marne". C’est Alice au Pays des merveilles, puisque Bouygues Telecom n’a cessé depuis 3 ans de mépriser l’avis des riverains et des parents d’élèves et continue à vouloir passer en force, coûte que coûte. 

Aucune date n’est fixée à ce jour pour la seconde réunion de médiation en préfecture.

5 pensées sur “Bouygues Telecom fixe ses conditions”

  1. Bonjour,

    Le lien vers la page “réponse de l’opérateur” ne fonctionne pas: il pointe vers une page 404.

  2. pour Mr Arazi – à la lecture de votre communiqué je découvre qu’il est question du pavillon Baltard comme site site alternatif pour les antennes relais-. Je m’étonne et m’inquiète de ce choix à quelques mètres d’une école maternelle et d’une résidence de l’importance de la Corniche, sans compter les nombreux riverains.
    Je m’informe auprès de la Mairie.

    codialement – simonne giboin.

  3. Merci Fred (qui n’est pas notre Fred ancien président de l’ACN) pour cette information. Le document est maintenant visible en ligne. Concernant le site du pavillon Baltard comme alternative au 92 rue François Rolland, il a été évoqué par le maire lors du reportage paru en juillet 2006 au 19/20 de France 3. Depuis aucune information ne nous a été communiquée. Merci de nous faire remonter l’information que vous apportera la mairie.
    En tous cas l’opérateur essaye par tous moyens de finaliser son installation rue Rolland. Pas plus tard que ce matin, des équipes de sous traitant ont tenté de finaliser l’installation électrique. Un article est en cours de rédaction pour vous apporter toute l’information sur les événements de la matinée.
  4. Réponse à S.Giboin :

    “….à queques mètres…école maternelle….d’une résidence de l’importance de la Corniche…”
    Oui, il faut chercher un emplacement ou le risque
    n’existerait que pour quelques sacrifiés;
    Des vieux, de préférence.

    19

  5. bonsoir,
    j’ai déjà évoqué avec vous ,si possible , une pétition de tous les habitants
    de Nogent ,s’engageant à ne pas voter pour la liste électorales du Maire ; il me semble
    que ce sera la solution la plus radicale pour faire respecter la Charte .
    Cordialement .

Laisser un commentaire