Les maisons de la rue E. Zola seront-elles démolies ?

Il y a quelques jours, le maire a posté un commentaire sur notre site.

Bien que placé sous l’article concernant la signature de son fameux accord avec les opérateurs, il s’agit d’une réaction à deux articles du dernier numéro de l’Echo du Coteau distribué début septembre dans Nogent: l’un sur les démolitions annoncées des maisons de la rue Emile Zola, l’autre sur le dossier des maisons également menacées de la rue André Pontier.

Comme un commentaire ne suffisait pas, nous avons également reçu, à notre grande surprise, le texte de ce commentaire par lettre recommandée avec accusé de réception.

Pourquoi par courrier ? Pourquoi en recommandé ?

Ce texte méritait en effet la forme juridique que le maire lui donne par ce recommandé puisqu’il y qualifie l’Echo du Coteau de “tract politique” contenant des “contre-vérités”, “fausses informations” et de la “désinformation”, et les actions du Conseil de l’ACN comme relevant d'”attitudes démagogiques et malhonnêtes […] uniquement motivées par l’ambition politique personnelle”.

Tant de compliments méritaient, en effet, un envoi postal.

Nous avons donc préparé une petite réponse (ci-dessous) que le principe du “parallélisme des formes” nous contraint à lui envoyer également par courrier.

Malheureusement, ces provocations de notre maire ne sont que diversion. Une information importante pour les nogentais se cache en effet à l’intérieur de son texte.

On y apprend en effet que les maisons de la rue Emile Zola seront détruites, contrairement aux engagements du maire envers les riverains. Comme l’information n’est qu’implicitement évoquée, nous lui demandons confirmation dans notre réponse.

Nous lui demandons également où en est la modification du POS annoncée en 2006 pour protéger l’îlot des rues Lebègue-Brillet-Héros Nogentais dont nous n’entendons plus parler depuis plus d’un an.

Tout le contenu du commentaire de M. Martin mériterait sans doute d’autres développements, comme ses affirmations contradictoires au sujet du PLU. Nous n’en sommes malheureusement plus à demander au maire où en est le projet de PLU à Nogent… M. Martin a définitivement renoncé à faire usage des outils que la loi met à sa disposition pour protéger les maisons de Nogent.

Le texte complet de notre réponse :

Monsieur le Maire,Je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre commentaire du 22 octobre 2007 posté sur le site web de l’ACN et, tout particulièrement, à lever toute crainte concernant une possible censure de vos propos de notre part.

Nous croyons en effet aux effets bénéfiques de la liberté de l’information et de la transparence. L’idée même de vous censurer nous est donc totalement étrangère.

Vous trouverez toujours, via le site de l’ACN, un canal d’information libre et indépendant à votre disposition, sous réserve de notre politique de gestion des commentaires que vous pourrez aisément trouver sur le site.

J’ai relu avec attention le troisième numéro de l’Echo du Coteau, la lettre semestrielle de notre association, qui est sorti le 9 septembre 2007, a été diffusée largement lors du village des associations et que vous qualifiez de “tract politique”. Je n’y ai pas trouvé les éléments de “désinformation” que vous évoquez de façon générale, sans jamais citer un seul exemple précis.

En effet, votre commentaire confirme bien notre information d’alors qui annonçait le dépôt d’un permis de construire et de démolir de deux maisons sises au 9 et 11 rue Emile Zola.

Comme vous le savez, l’ACN ne s’autosaisit jamais des dossiers. C’est donc à la demande d’une dizaine de riverains et d’adhérents que nous avons étudié cette situation. Une réunion avec les riverains a été d’abord organisée le mardi 17 juillet 2007 et a débouché sur une demande écrite de leur part le 19 juillet 2007.

Le Conseil de l’ACN estime qu’il s’agit là d’une démarche normale et habituelle pour une association de défense de l’environnement et du cadre de vie. Vous avez bien entendu le droit de juger ce processus comme étant de nature politique.

Vous ayant lu de façon très attentive, je constate que les craintes des riverains sont parfaitement fondées. Vous écrivez en effet : « Ceci implique donc une modification de son architecture qui pourrait entraîner une révision drastique du projet. Le dossier a déjà été modifié sur certains points afin de tenir compte de certaines remarques présentes par le service de l’urbanisme. ».

Faut-il donc comprendre que ces deux maisons seront effectivement démolies ? Nous souhaiterions recevoir vos précisions sur ce point essentiel.

Vous souhaitez par ailleurs vous attribuer tout le mérite de la sauvegarde de la maison du 10, rue André Pontier.

Encore une fois, libre à vous de présenter les événements comme bon vous semble. Sachez cependant que l’ACN est fière de l’action qu’elle a menée, notamment via le rassemblement de 850 Nogentais dans une pétition particulièrement remarquée. Je vous renvoie aussi, pour mémoire, à l’article du journal le Parisien du 14 juillet 2006 qui est sans équivoque sur le rôle de notre association.

Les 850 signataires de cette pétition sont bien conscients du rôle que leur mobilisation a pu jouer dans cette affaire.

Par ailleurs, vous aviez proposé lors de la modification du POS discutée en Conseil municipal le 29 mai 2006, de modifier les périmètres des zones Uda et Udb pour permettre de préserver l’îlot déterminé par les rues G.Lebègue, Brillet, Héros Nogentais, ainsi que vous vous y étiez engagé lors de plusieurs rencontres de quartier. L’ACN avait salué cette proposition qui dans le contexte de la sauvegarde de la maison du 10 rue André Pontier, aurait permis de diminuer de 3 mètres la hauteur maximum et de diminuer le coefficient d’emprise au sol maximum de 80% à 40%.

Pourquoi n’avoir pas maintenu cette modification lors du Conseil municipal du 5 avril 2007 ? L’ACN ainsi, que les 850 signataires de la pétition, attendent sur ce point vos éclaircissements.

Voilà les quelques remarques sur le fond que je souhaite faire en tant que Président de l’ACN.

Je note, pour finir, qu’après avoir qualifié la lettre d’information de l’ACN de “tract politique” contenant des “contre-vérités”, “fausses information”, de la “désinformation”, vous qualifiez les actions du Conseil de l’ACN comme relevant d'”attitudes démagogiques et malhonnêtes […] uniquement motivées par l’ambition politique personnelle”.

Comme à notre habitude, nous ne répondrons pas à ce type de propos et nous laisserons nos adhérents et les nogentais libres de juger de leur pertinence.

Meilleurs sentiments,

Marc Arazi.

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