Champs électromagnétiques : le pavé dans la mare d’un groupe de chercheurs international

L’association national Pour une Réglementation des Implantations d’Antennes Relais de Téléphonie Mobile (PRIARTèM) dont l’ACN est membre et Agir pour l’environnement viennent de publier un communiqué de presse au sujet du rapport BioInitiative qui est qualifié de « pavé dans la mare trop tranquille de nos experts officiels ».

Dans un énorme rapport de plus de 500 pages, des scientifiques internationaux de très grande renommé, regroupés au sein du BioInitiative Working Group, viennent, preuves scientifiques à l’appui, alerter les pouvoirs publics sur les risques liés à l’exposition aux champs électromagnétiques de très basses fréquences et à ceux des
radiofréquences (téléphonie mobile, Wi Fi, DECT …).

Ce rapport, rendu public le 31 août dernier, s’intitule « BioInitiative Report » et est consultable à l’adresse suivante : www.bioinitiative.org.

Il s’agit d’un travail de synthèse extrêmement sérieux mené par des scientifiques, qui, pour la plupart, ont mené des travaux de recherche reconnus internationalement sur ce domaine et publié dans des revues à comité de lecture. Font parti des auteurs du rapport, Pr Lennart Hardell présent l’an dernier au colloque de l’Appel de Paris à l’UNESCO, Pr Kjell Hansson Mild, responsable de la plus importante enquête épidémiologique menée sur les liens entre tumeurs au cerveau et usage prolongé du portable, Pr. Michaël Kundi, grand épidémiologiste et co-auteur d’une étude épidémiologique de faisabilité sur les riverains d’antennes-relais, Carl F. Blackman,
chercheur à l’Agence de protection environnementale américaine, H. Lai, chercheur américain, l’un des premiers à avoir mis en évidence les effets génotoxiques de la téléphonie mobile, ou encore Pr. Olle Johansson, chercheur à l’institut de médecine environnementale de Karolinska en Suède…

Ces éminents chercheurs soulignent tous que les conséquences sanitaires des champs électromagnétiques demeurent mal connues mais que les connaissances scientifiques actuelles sont suffisantes pour prendre des mesures de gestion de risques. Selon le Dr David Carpenter, Co-auteur du rapport et Directeur de l’Institut de Santé environnementale à l’Université de l’Albany (New-York), « l’exposition à certains types d’ondes peut, à long terme, être la cause d’effets sérieux sur la santé ».

Ils insistent tous sur le fait que les normes définies dans la plupart des pays sont très nettement insuffisantes pour assurer la protection des populations. Pour eux, les travaux actuels apportent la preuve que des effets sanitaires apparaissent nettement en-dessous des normes actuelles et résultent d’effets non-thermiques.

Priartém et Agir pour l’Environnement espèrent que ce rapport amènera les pouvoirs publics français à prendre enfin au sérieux les inquiétudes régulièrement exprimées par certains experts scientifiques. Les associations espèrent que la France ne souffrira pas une nouvelle fois du « syndrome de TcherMobile », qui maintient notre pays dans un climat de pseudo-certitudes scientifiques, auto-construites par un quartette d’experts « officiels » à l’indépendance douteuse.

Il est plus que jamais urgent que des travaux tels que ceux que vient de publier ce groupe de scientifiques soient d’une part largement diffusés, notamment au sein du monde médical, et d’autre part, intégrés dans la définition de nouvelles normes réglementaires.

Priartem et Agir pour l’environnement profiteront du rendez-vous fixé avec le cabinet de la Ministre de la Santé jeudi 13 septembre prochain pour transmettent immédiatement copie de ce rapport à la Ministre de la santé. Elles espèrent obtenir rapidement un rendez-vous au Ministère de l’écologie afin d’obtenir que le dossier de la téléphonie mobile soit enfin pris en compte dans le programme du Grenelle de l’environnement.

6 commentaires sur “Champs électromagnétiques : le pavé dans la mare d’un groupe de chercheurs international

  1. Bien que Mme kosiusko morizet ne soit pus députée ,elle peut-être toujours interessée par ce sujet qui lui tenait à coeur .
    si le nombre de page avait été plus réduit , je l’aurais envoyé à mon Député Maire .
    dans quel journal est passé votre communiqué .?
    prévoyez vous d’en faire parvenir à chaque opérateur :orange , S.F.R et Bouygues ?
    Merci pour l’information .
    Cordialement .

  2. ce rapprot pourrait eventuellement constituer la base d’une pétition…?

    Le maire a refusé jusqu’ici d’appliquer le principe de précaution car sa position etait « nous savons que ca n’est pas dangereux, les études le prouvent » (du moins, aucune n’emet de doutes).

    Aujourd’hui, ca n’est plus le cas.. les études sont partagées (celles financées par les opérateurs disent que tout va bien et celle ci, indépendante mais scientifiquement tout aussi crédible) dit le contraire..)

    Donc, la Mairie serait fondée a faire (enfin) appliquer le principe de précaution… le temps que les scientifiques tranchent…

    Peut etre serait il judicieux de mettre Mr le Maire devant ses responsabilités d’Elu…?

  3. La Mairie de Bry sur Marne a également refusé d’appliquer le principe de précaution se réfugiant derrière les textes de loi.Après avoir laissé installer des antennes dans une zone péri-scolaire (écoles maternelle et primaire, PMI, crèche et jardin public, elle laisse envahir d’antennes, dont la dernière installation a eu lieu juillet dernier, l’hopital Saint Camille N’est-ce pas un scandale ? Effectivement on a suffisamment d’articles scientifiques qui démontrent que les ondes electromagnétiques ont un impact néfaste sur la santé.

  4. Suite au commentaire 3, dont la conclusion est: »Effectivement on a suffisamment d’articles scientifiques qui démontrent que les ondes electromagnétiques ont un impact néfaste sur la santé. », je voudrais rappeler que: la lumière solaire, celles de l’ampoule ou du tube néon aussi, sont des ondes électromagnétiques (EM), comme les rayons X, les micro-ondes, les ondes de la radio (FM, PO, GO) et de la télévision, les rayons infrarouges du chauffage, les rayons UV de la lampe à bronzer, les ondes radar (tu roules trop vite, je le mesure), celles du GPS, et bien sûr celles des téléphones mobiles. Et j’en oublie sûrement. Nous sommes baignés dans un flux continuel et multifréquences de ces rayonnements EM, sans lesquels il n’y aurait pas de vie sur Terre; Alors un peu de discernement tout de même. Autre chose: BioInitiative n’est pas plus indépendante des lobbies écologistes que d’autres chercheurs ne le sont des lobbies industriels. Tous les chercheurs -et je sais de quoi je parle- sont dépendants de ceux qui les financent. En général, ils sont cependant honnêtes et ne vont pas publier des résultats truqués. Pour en finir avec mes interventions sur les antennes relais, je rappelle ma position: si une majorité de citoyens n’en veut pas, et vu que l’on peut s’en passer, au moins dans des endroits sensibles, il n’y a aucune raison pour les imposer. Pour être logique, il faudrait aussi que ces citoyens jettent leur mobile, mais cela, c’est peut-être trop demander!

  5. Salut Bernard.

    Je suis bien d’accord avec toi sur la question de l’indépendance des experts. Tous les chercheurs sont dépendants de ceux qui les financent. Le problème, c’est que les industriels ont beaucoup beaucoup beaucoup plus de moyens que tous les lobbies écologistes réunis, puissance 10.

    En lisant le commentaire 3, j’ai réagi comme toi. J’imagine que cette personne voulait dire « les ondes électromagnétiques des antennes-relais, au-delà d’un certain seuil, sous certaines conditions », etc . Tout est mortel, à certaines doses, à commencer par l’oxygène. Le problème, c’est de fixer le seuil à partir duquel il y a danger. C’est là qu’il y a désaccord. Et c’est là que jouent les lobbies que tu évoques. Et tu sais, nous savons, qu’ils sont costauds.

    Sur le dernier point que tu abordes, et qui à mon avis est essentiel, j’enfonce le clou: il y a manifestement un déficit démocratique sur ce dossier (et malheureusement sur d’autres dans cette ville). Un vrai problème de méthode. Quoi qu’on pense, au fond, sur les antennes et la santé, on ne peut que constater l’absence de prise en compte de l’opinion des gens, le mépris dans lequel on les tient et l’arrogance qu’on affecte à leur égard. C’est très choquant.

    Enfin, sur ta conclusion, permets-moi une remarque: personnellement, je suis un technophile. Voire même un technofan. Je pense qu’on peut être opposé à l’installation d’antennes-relais près d’un groupe scolaire mais pour autant avoir un téléphone portable et l’utiliser raisonnablement. De la même façon, on peut installer des antennes en intégrant la dimension sanitaire et environnementale.

    Il s’agit d’aborder ce dossier sous tous ses aspects, y compris économique et social, et de trouver une solution satisfaisante et raisonnable. C’est une question d’équilibre.

    Si les opérateurs se révèlent incapables de tenir compte de cet aspect grâce à un dialogue constructif avec la société civile, alors c’est à l’Etat de jouer son rôle et de réglementer l’installation des antennes-relais. Le cas de Nogent est emblématique à cet égard. Un vrai cas d’école.

  6. le protocole proposé au Conseil Municipal est une belle illustration du déficit démocratique évoqué dans le commentaire de Bernard, que j’approuve à 100 pour 100 .

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